Presse

Afafa n’oublie pas les détenus politiques

Samedi, une « journée geôles » était organisée par l’association Afafa, dont le but est de faire vivre la culture amazighe. Avec une pensée toute particulière pour trois détenus politiques marocains.

Pour Lhoussain Azergui, le président de l’association roubaisienne Afafa, le procès était tout simplement injuste. Si Hamid Ouadouch et Mustapha Ousaya ont été condamnés chacun à dix ans de prison au Maroc en 2007, c’est « une sanction très lourde au terme d’un procès qui n’était pas équitable. Il ne faut pas les oublier ».
À ses deux noms se rajoute celui de Youssef Ahid, pas encore jugé, qui attend son procès depuis sa prison. Pour ces trois hommes, l’association Afafa, créée en 2009 à Roubaix, avait décidé de se mobiliser.

Le matin, une exposition de calligraphies de H’mmu Kemous était proposée. Puis un repas a été servi dans la cafétéria pour une cinquantaine de convives. Le concert qui a suivi dans l’après-midi était suivi par une petite assemblée attentive.
La prochaine action proposée par cette association aura lieu samedi prochain. Il s’agit d’une projection de deux films. Le premier de Hassan Lagzouli, intitulé Le soleil qui fait tomber les moineaux. Ce film en langue amazighe, sous-titré en français dure 38 minutes. Le second, de Francis Frenkel s’appelle Les Berbères de la vallée perdue. Les réalisateurs seront présents pour échanger avec le public.
C’est tout l’enjeu des rencontres organisées par l’association que de faire connaître et partager cette culture. « Depuis notre création, nous avons fait pas mal de choses. des conférences, des projections, des ateliers de calligraphie également », détaille le président.w Association Afafa, pour que vivre la culture amazighe. Siège à la Maison des associations,s 24 place de la liberté à Roubaix. Tél : 06.87.24.77.73. www.afafa.fr.

Par : DELPHINE TONNERRE delphine.tonnerre@nordeclair.fr

Source : NORD ÉCLAIR

La poésie tourmentée des femmes berbères

Publié le vendredi 04 mars 2011

Le Vinci accueillait mardi le rendez-vous mensuel des « mardis d’ailleurs », cette fois-ci consacré aux femmes berbères et à leur tradition poétique.

Un art inspiré de l’émigration de leurs hommes pour le travail dans les mines du Nord.
« Mora est venu à l’étable d’El Qelâa. Il a choisi les béliers et laissé les brebis ». Ce poème, comme d’autres lus mardi soir, fut le fruit du traumatisme vécu par leurs auteures, femmes du sud marocain. Leurs hommes étaient partis suivre Félix Mora, le recruteur des mines du Nord venu y chercher de la main d’oeuvre bon marché. « J’ai dû regarder dans les yeux un million de marocain » dira-t-il lui-même.
Le ressenti de ces femmes abandonnées constituait le thème de la troisième session 2011 des Mardis d’ailleurs, qui se tiennent chaque premier mardi du mois au Vinci, rue de l’hôpital militaire. « D’abord nous avons un invité, aujourd’hui Lhoussain Azegui, qui nous présente un thème qui lui tient à coeur », explique Gérard Courtecuisse, président de l’association. « Puis nous laissons la parole aux personnes présentes dans la salle » . Une scène ouverte donc, qui se veut avant tout participative, chacun pouvant lire ses textes, ou, en cas de blocage, les faire lire par quelqu’un d’autre. Une idée d’Anna Rita d’Ascenzo, trésorière de l’association arrivée il y a deux ans. « Le principe, c’est de toujours faire découvrir quelque chose, d’être une fenêtre sur le monde, dans une ambiance conviviale, avec un groupe d’habitués, mais en s’enrichissant à chaque fois de nouvelles personnes », poursuit Gérard Courtecuisse, très redevable envers son équipe de bénévoles. « Chaque fois on fait une petite revue de presse, présentant ce qui se passe dans les autres scènes ouvertes de la région. Nous sommes dans une logique de réseau, pas de concurrence » affirme-t-il. Le mois prochain, les mardis d’ailleurs accueilleront Phidel, poète et slameur lillois, avant de se consacrer, en mai, aux Haïkus.

BRUNO DECOTTIGNIES Nord Éclair

Une nouvelle structure pour sauver la culture Amazigh

Une nouvelle association culturelle amazighe (berbère) vient enrichir le tissu associatif au nord de la France. AFAFA (l’éveil) a été créée à Roubaix par des artistes et des auteurs amazighs de plusieurs pays d’Europe et de Tamazgha (Afrique du Nord). Elle a pour but de défendre les intérêts du peuple amazigh.

Rappelons quelques vérités premières. Et d’abord que les Berbères furent chrétiens bien avant les Francs. À l’arrivée des envahisseurs arabes, ils prirent l’islam pour une hérésie chrétienne de plus, comme l’arianisme importé par les Vandales, le monophysisme ou le donatisme. Sur le sujet, on se reportera aux essais de Joseph Cuoq, L’Église d’Afrique du nord du IIe siècle au XIIe siècle (Le Centurion, 1984), et de François Decret, Le christianisme en Afrique du nord (Seuil, 1966).

Mais très vite la colonisation arabe s’est servie en Afrique du nord d’une arme redoutable pour araboislamiser : propager l’ignorance par l’analphabétisme et l’illettrisme qui empêchera dés lors tout progrès social, humain, et environnemental du peuple berbère.

Les kabyles de confession chrétiennes qui restent en Afrique du nord vivent aujourd’hui sous la répression de la police et du gendarme de la charia qui les empêchent de vivre leur foi et leur amazighité (kabylité).

Le dernier rapport CERD (Comité pour l’élimination de la discrimination raciale) tire la sonnette d’alarme concernant la disparition de l’identité et de la culture berbère en Afrique du nord. L’occultation délibérée, par l’élite au pouvoir, en Afrique du nord, de la profondeur historique de l’amazighité et de ses valeurs culturelles et linguistiques, explique l’exode vers l’Occident de cette intelligentsia en rupture avec la réalité sociologique de ses pays d’origines

L’arabe étant la langue officielle en Afrique du Nord, la politique officielle œuvre pour « ratisser » toutes les données qui contredisent cette hypothèse : l’arabe étant « leur » langue, les amazighs n’existent qu’en tant qu’anciens arabes et leur histoire et culture ne peuvent être qu’arabes. L’officialisation de l’arabe a entraîné une politique linguicide et ethnocidaire raciste envers cette population.

L’objectif principal de la nouvelle structure vise le développement de la langue amazighe et de toutes ses expressions littéraires, c’est pourquoi l’association s’est donnée comme première mission d’œuvrer pour la mise en place d’un prix de création littéraire pour récompenser des œuvres écrites en langue amazighe. L’AFAFA ambitionne aussi de soutenir les artistes et les auteurs amazighs d’Europe et d’Afrique du Nord, en partenariat avec d’autres associations, notamment en France, en Belgique et aux Pays Bas.

Ftouh Souhail, Tunis

Berbères : réveillez-vous!
Mardi, 10 mars 2009, Nord Eclair.

Les fondateurs de la toute nouvelle association berbère Afafa: Lhoussain Azergui (g.) et H’mmu Kemous. DR :
Tel est en substance le message lancé par Lhoussain Azergui qui a tout récemment créé une association : Elle s’appelle AFAFA (réveil en langue amazighe) et s’adresse aux berbères.

Une nouvelle association culturelle amazighe (berbère) vient enrichir le tissu associatif au nord de la France. AFAFA (l’éveil) a été créée fin février à Roubaix par des artistes et des auteurs amazighs de plusieurs pays d’Europe et de Tamazgha (Afrique du Nord). Elle a pour but de défendre les intérêts du peuple amazigh.

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L’association s’assigne également pour mission la promotion des principes de la laïcité, de l’égalité des sexes et des droits humains. L’objectif principal de cette nouvelle structure reste toutefois le développement de la langue amazighe et de toutes ses expressions littéraires, c’est pourquoi l’association s’est donnée comme première mission d’œuvrer pour la mise en place d’un prix de création littéraire pour récompenser des œuvres écrites en langue amazighe.

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L’AFAFA ambitionne aussi de soutenir les artistes et les auteurs amazighs d’Europe et d’Afrique du Nord, en partenariat avec d’autres associations, notamment en France, en Belgique et aux Pays Bas. Bien entendu, l’association contribuera à l’animation culturelle dans le nord de la France par des activités ayant pour but le développement et la promotion de la culture amazighe et de la laïcité.

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Un nouveau projet roubaisien pour les Berbères d’Europe

Jeudi 02.07.2009, 04:57 – La Voix du Nord

VIE ASSOCIATIVE

C’est une nouvelle association qui vient juste de se créer. L’AFAFA, lancée en mars dernier par M. Azergui, représente un véritable projet à l’échelle européenne. L’objectif ? Faire connaître la culture amazighe, mieux connue sous le nom de berbère, et surtout, défendre des valeurs humanistes.

Entre quelques peintres, auteurs et musiciens, les dix membres de l’AFAFA sont de véritables artistes. L’art sert d’ailleurs d’intermédiaire privilégié pour cette nouvelle association lancée à Roubaix il y a trois mois. Faire vivre la culture amazighe, et promouvoir une langue qui n’est toujours pas reconnue par les gouvernements d’Afrique du Nord, telle est la motivation de l’AFAFA, synonyme berbère d’« éveil ». À l’origine du projet, trois personnes, issues de France et de Belgique. De quoi donner une dimension européenne à cette nouvelle association.

Lhoussain Azergui, l’un des piliers de l’AFAFA, est journaliste indépendant et auteur. Aujourd’hui, il travaille en tant que chargé de mission à l’ESISC, un centre de sécurité basé à Bruxelles. Autres responsables du projet, Masin Feerkal, enseignant à Paris, et H’mmou Kemous, musicien originaire du Maroc, au nom typiquement amazigh. Au total, plus de 1 000 associations de ce genre existent en Europe, avec pas moins de 400 en France, pour une communauté berbère qui compte plus de deux millions d’individus.

Pour M. Azergui, c’est la défense de la culture et de ses valeurs profondément humanistes qui fait vivre le projet. Des valeurs, telles que la laïcité, les droits de l’homme et l’égalité des sexes, qui s’inscrivent « aux fondements de la culture berbère ».

Culture et valeurs

Dès Septembre, un ensemble d’activités sera proposé au public, d’abord à Roubaix, en collaboration avec l’association Afus deg Afus, puis dans le reste de la région. Journées culturelles, concerts, conférences ou expositions, de quoi faire découvrir cette culture à un public plus large, surtout chez les jeunes : « Ce que l’on souhaite montrer, c’est qu’il y a d’autres voies que l’islamisme radical pour ces jeunes originaires d’Afrique du Nord.

Il n’y a pas que la religion pour se construire une identité. Il y a aussi la laïcité, le respect et l’intégration : des valeurs berbères qui sont aussi occidentales», explique M. Azergui. Pour le responsable de l’association, les jeunes Amazighs français montrent un intérêt croissant pour la culture de leurs origines. Depuis 1960, un lien étroit existe entre le Nord de la France et les régions berbères du Sud-Est du Maroc. Pour cause, l’immigration, à l’époque, de plus de 78 000 jeunes mineurs berbères, vers le Nord-Pas-de-Calais. Ce n’est donc pas sans raison que l’on compte, aujourd’hui à Roubaix, une part majeure de cette communauté.

Le 11 Juillet, une conférence sera organisée à la Maison des Associations, en compagnie de l’AFAFA et d’Afus deg Afus. Les deux associations roubaisiennes auront ainsi l’occasion de présenter le lancement d’un prix littéraire, pour les auteurs d’oeuvres amazighes, Un projet innovant, qui devrait mener à une belle (re) découverte de la culture berbère pour le public nordiste.

• VAL. PASQUESOONE (CLP)